La Corse : des fantômes derrière ses paysages attractifs
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Policier
et enquêteurs examinent la scène de crime à côté d’Urtaca en Corse du sud
Une île de beauté crainte par le continent
La Corse, avec ses
structures touristiques, et ses paysages magnifiques qui attirent, cache un
passé historique tumultueux, une relation haute en couleur avec la France et de
nombreux problèmes politiques et financiers. Confrontée à des défis internes majeurs
et parfois à de réelles tensions, l’île de beauté est à la recherche du bon
équilibre politique et institutionnel. La Corse cherche à trouver sa place
entre l’affirmation de sa forte identité et l’appartenance à la République
française et à l’Union européenne. En effet, ce territoire est
souvent marginalisé, notamment du fait de sa réputation de région la plus
criminogène de l’Union européenne.
Rattachée à la France en 1768,
l’île devient une région en 1790. Son statut administratif connaît de profondes
évolutions sur les dernières décennies, sous la pression en particulier de
mouvements nationalistes et ou indépendantistes (exemple : le Front de
Libération National Corse crée en 1976), qui sont le reflet d’idéologies de multiples
chapelles concurrentes. Dans les années 1980 à 2000, le recours à la violence
armée et à la lutte clandestine est fréquent. Les évènements d’Aléria d’août
1975, les campagnes d’attentats, et l’assassinat du préfet Claude Erignac, en 1998, sont quelques
actions bien connues de ces mouvements. Avant de « déposer » les armes
en 2014, ces groupements tentent d’imposer leurs idéologies politiques, aux
dépits d’une large partie de l’opinion publique régionale, qui reste
majoritairement attachée à la République. La Corse se trouve dans un contexte
politique souvent pernicieux. Ce phénomène est dû au fait de l’implosion des
vieux systèmes politiques, à droite comme à gauche, à base familial, dynastique
ou clanique. Cette crise structurelle explique en partie la victoire des
nationalistes et des régionalistes aux élections régionales de décembre 2015.
Cela explique également une montée inquiétante du racisme et de la xénophobie. Dans
une économie insulaire sous perfusion, et structurée autour d’un grand complexe
touristico-immobilier. De nombreux acteurs politiques économiques et financiers
sont guidés par l’appât du gain. Ces derniers cherchent à s’accaparer les
ressources les plus rares que sont les commandes, les marchés, la subvention
publiques, les terrains à bâtir et les droits de construction. Ce phénomène
explique souvent de nombreuses tensions et rivalités qui peuvent aboutir à
l’usage d’armes. Cette situation a causé à la Corse le statut de région la plus
criminogène de l’Union européenne. Aujourd’hui le grand banditisme (stupéfient,
prostitution, racket,…) et la mafia Corse, traversés par de sanglants
règlements de compte dans les années 2006 à 2009, sont plus discrets.
Malgré une démographie
positive et une économie dynamique, un patrimoine naturel et culturel
exceptionnel, la Corse souffre d’une mauvaise réputation. Son passé politique
controversé véhicule l’image d’un territoire souvent corrompu par une mafia
locale, dépendant des violences de mouvements nationalistes extrémistes. Cette
marginalité est également accentuée par ses caractéristiques géographiques qui
font de l’ile de beauté un territoire principalement montagneux avec peu de
possibilité d’extension de ses sites portuaires et d’exploitation de ses
plages.
Elise et Ana

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